Visite de l'Eglise de Bretoncelles

Une église construite au XVIe siècle

L' église Saint-Pierre et Saint-Paul de Bretoncelles que nous voyons aujourd'hui fut construite au XVIe siècle, remaniée et embellie aux XVIIe et XVIlle. C'est de cette époque que date sa silhouette caractéristique, alliant l'élégance du gothique flamboyant et la robustesse de son clocher.

Les deux campagnes de restauration majeures qui se sont succédées dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les modifications au cours du XXe siècle en ont sensiblement altéré l'aspect intérieur; son architecture composite, les œuvres d'art et les curiosités qu'elle renferme en font la pièce la plus remarquable du patrimoine de la commune.

L eglise vue exterieure large  

Tympan du portail

Tympan du portail

 

 

 

Tour fortifiee

Tour fortifiée

Visite de l'église

De la construction initiale, plus rien n'est visible aujourd'hui, mais nous savons que l'église Saint Pierre et Saint-Paul de Bretoncelles dépendait du monastère bénédictin de Corbion fondée en 575 par saint Laumer. Selon la tradition, une dame Wulfrade, guérie de la paralysie par saint Laumer, aurait vers l'an 600 légué ses biens au monastère à la condition qu'un sanctuaire soit édifié sur chacun de ses domaines, dont Bretoncelles. Abandonné en 872 face aux invasions vikings, le monastère fut refondé au XIe siècle sous son vocable actuel de Moutiers. Une bulle du pape Innocent II (1243-1254) confirma que l'église relevait de ce monastère.

L'église Saint Pierre et Saint-Paul de Bretoncelles dépendait avant la Révolution de la paroisse du comté du Perche, dans le diocèse de Chartres. Depuis le Concordat (1802), elle dépend du doyenné de Rémalard et du diocèse de Sées, et fait aujourd'hui partie de la paroisse Saint-Germain Saint-Lhômer (Perche Sud).

De la construction initiale, plus rien n'est visible aujourd'hui, mais nous savons que l'église Saint-Pierre de Bretoncelles dépendait du monastère bénédictin de Corbion fondée en 575 par saint Laumer. Selon la tradition, une dame Wulfrade, guérie de la paralysie par saint Laumer, aurait vers l'an 600 légué ses biens au monastère à la condition qu'un sanctuaire soit édifié sur chacun de ses domaines, dont Bretoncelles. Abandonné en 872 face aux invasions vikings, le monastère fut refondé au XIe siècle sous son vocable actuel de Moutiers. Une bulle du pape Innocent II (1243-1254) confirma que l'église relevait de ce monastère.

L'église Saint Pierre et Saint-Paul de Bretoncelles dépendait avant la Révolution de la paroisse du comté du Perche, dans le diocèse de Chartres. Depuis le Concordat (1802), elle dépend du doyenné de Rémalard et du diocèse de Sées, et fait aujourd'hui partie de la paroisse Saint-Germain Saint-Lhômer (Perche Sud).

Intérieur

Au XVII siècle, les particuliers et la Fabrique (clercs et laïcs assurant la collecte et l'administration des fonds) financèrent trois retables polychromes de style Louis XIII. Du retable central qui couvrait l'ensemble du chœur, démonté lors des restaurations successives, subsiste aujourd'hui le magnifique tabernacle en bois* : il a perdu ses couleurs d'origine, a été décapé et vernis; ses cinq pans sont sculptés (de gauche à droite : saint Jean, saint Pierre, un ciboire, saint Paul, un saint martyr : saint Jacques ?); il repose sur trois volutes en crédence sur le mur de l'abside.
Plan interieur

C'est sur la nef centrale que se sont concentrés les travaux d'embellissement de l'église voulus par l'abbé Damase Oger (1877-1901). Le chevet plat fut abattu, remplacé par un nouveau chevet à trois pans, percée de trois baies, recouvert d'une voute en pierre et décoré de fresques représentant les quatre évangélistes : saints Mathieu, Jean, Luc, et Marc (remises à jour et restaurées par Annick Dieu en 2017); deux sacristies latérales furent construites. L'ensemble des vitres de l'église ayant été
Remontez la nef centrale pour vous rapprocher du chœur. La nef originale fut ré-édifiée durant la première moitié du XVIe siècle et il semble qu'aient été associés à cette construction tous les « bien tenants » (propriétaires et notables de la paroisse).
endommagé par les tirs de canon de l'armée prussienne combats du 21 novembre 1870), des vitraux (financés par l'abbé et des paroissiens) furent commandés pour toutes les verrières au maîtres Eugène Hucher et son fils (actifs de 1853 à 1906) sous la supervision du Carmel du Mans.

A partir de 1899, une voûte en plâtre est posée sur l'ensemble de la charpente intérieure sur de petites colonnes décorées de chapiteaux et de culs de lampe.
A la suite du Concile Vatican II, un nouvel aménagement intérieur fait disparaître en 1969 nombre d'ornements et le maître-autel où subsistaient quatre colonnes de pierre et deux anges en prière du retable du XVIIe siècle). Un Christ en croix polychrome* (XVIIIe) a été par la suite suspendu à la clef de voûte.

Extérieur

1 - Entre la porte principale et la grande baie s'étend le tympan (début du XVI° s.) à la riche décoration: pinacles gothiques, entrelacs typiques du gothique flamboyant, animaux imaginaires courant le long des moulures de la porte en anse de panier.

II - Clocher: accolé à la droite de la délicate entée principale, la tour fait contraste par son caractère massif. Avec des pierres et du grison extraits sur le territoire de Bretoncelles (le Verger et la Moitillière), elle fut reconstruite de 1606 à 1609 (une petite croix en pierre a été incrustée dans la façade nord du clocher, en souvenir de la chute mortelle d'un ouvrier). Elle est munie d'un petit escalier à vis percé de meurtrières, et coiffée d'un dôme en ardoise où se trouvent les cloches (deux de 1713, une de 1950), et qui est couronné d'un lanternon ajouré (remplacé en 1990-1992). La première horloge mécanique, disposée au premier étage, a été remplacée par une horloge électrique en 1947. Devant le clocher fut inauguré en 1921 le monument aux morts, déplacé en 1990 de l'autre côté de la rue.

II - L'alignement régulier des cinq travées du bas-côté sud est souligné par la fontaine de l'église et la porte d'entrée des fidèles.

IV - De l'extérieur, la modification architecturale de la fin du XIXe siècle est bien visible : chevet à trois pans et sacristies latérales.

II - Le bas-côté nord fut percé de deux portes, desservant la chapelle seigneuriale et la confrérie de la charité. Le père Oger fit ériger un pignon (fin XIX) au bout du bas-côté resté inachevé.

Pour aller plus loin:

  1. Le livre, Bretoncelles, un village du Perche, éditions BPN - 2015, notamment p. 18-34
  2. Cahiers percherons, n° 195, 3e trimestre 2013, p 4-25 : l'église Saint-Pierre et Saint-Paul de Bretoncelles, d'après l'étude historique d'Eric Yvard.

Bas-côté Nord

Alors que la nef centrale est réservée au service divin, les bas-côtés, ici voûtés de pierre, offrent des espaces où s'expriment autour de chapelles et autels particuliers la dévotion des familles aristocratiques ou de confréries.

Dans le haut du bas-côté nord, sur la clef de la travée centrale, se trouve un blason orné des armes des familles de la Nove, armoiries "d'argent treillissé de dix pièces de sable, au chef de gueules chargé de trois têtes de loup arrachées d'or" et de Châteaubriant "gueules semées de fleurs de lys d'or ", qui permet d'affirmer que la construction de ce bas-côté se fit après 1505, date de la mort de René de Châteaubriant.

 

Blason

Deux autres clefs de voûte ornent les autres travées du bas-côté nord. Celle devant l'autel de la chapelle latérale semble être aussi un parti : à gauche un fretté, et à droite un chevron accompagné de trois fleurs, posées deux en chef et une en pointe. La dernière clef représente le visage d'un Christ aux cheveux longs et barbu (cette chapelle était peut-être celle des frères de la Charité de Bretoncelles, confrérie en charge notamment des inhumations des personnes nécessiteuses).

Clefs de voute

Le bas-côté Nord, ou chapelle de la Vierge, abrite notamment le retable à la Vierge*, de pierre, peint et doré, sans doute offert par une noble veuve : les armes figurant aux frontons n'ont pas été identifiées mais incluent une cordelière, symbole de fidélité au mari défunt. Au fronton figure peinte en lettres rouges la mention « autel privilégié » (on pouvait donc y célébrer une messe pour le repos des défunts quelle que soit la fête liturgique du jour : une mention du 1er janvier 1847 du registre paroissial indique que le pape Grégoire XVI a érigé cet « autel privilégié », confirmant un privilège ancien associé à la « prière de 48 heures »). Marie est encore présente par la statue* en pierre polychrome (XVIIe s.) sur le pignon et, au centre, par le tableau à l'huile sur toile (signé A. Barelli, 1877).

 

 

Vierge

Plaque à la mémoire de l'abbé Fret (1800-1843), natif de Bretoncelles et baptisé dans l'église, devenu curé de Champs (Orne), auteur des Antiquités et chroniques percheronnes (1837-1840) et des Scènes percheronnes. Posée à l'initiative de la Société historique et archéologique de l'Orne, inaugurée le 29 septembre 1910, la plaque est ornée d'un médaillon en bronze (Louis de Barillet).

Plaque abbe fret

Monument aux morts

Le monument aux morts est placé sur un autel qui proviendrait du château des Vaux à Saint Maurice-Saint Germain.

Au-dessus de la porte de la sacristie, toile à l’huile représentant une religieuse en
extase (sainte Thérèse d’Avila ?) (XVIIIe s).

Bas-côté sud

Personnage coiffe d un bonnetLa voûte en ogives du bas-côté Sud est ornée d'une clef représentant un personnage coiffé d'un bonnet, peut-être l'homme qui fut à l'origine de la construction de ce bas-côté Mathurin Giroust, curé de Bretoncelles au début du XVIIe siècle, et principal maître d'ouvrage de la construction de la tour de l'église.

Chapelle Saint-Jacques. Le retable* sans doute offert par Jacques d'Angennes évêque de Bayeux, prieur de Moutiers, seigneur de Bretoncelles (mort en 1647). C'est peut-être lui qui a fait placer au pinacle la très belle statue de saint Jacques* en pierre polychromée (avec son bourdon et son chapeau de pèlerin orné de la coquille Saint-Jacques).

Le retable

Remarquez le tableau: le mariage mystique de sainte Catherine*(XVIle) et la crèche en nacre, exemple de l'artisanat d'art de Bethléem (institué par les Franciscains au XVIe siècle). Elle fut offerte par le Président de l'Autorité palestinienne Yasser Arrafat au sénateur Daniel Goulet qui la transmit à l'église de Bretoncelles, son village natal en 2001.

Creche en nacre

Au fond du bas-côté ont été installés par le père Oger divers ornements dont :
deux cuves baptismales et un  groupe en terre cuite représentant le Baptême du Christ.

Cuves baptismale 2Cuves baptismale 1

Au XVIIe siècle, les particuliers et la Fabrique ( clercs et laïcs assurant la collecte et l’administration des fonds) financèrent trois retables polychromes de style Louis XIII. Du retable central qui couvrait l’ensemble du choeur, démonté lors des restaurations successives, subsiste aujourd’hui le magnifique tabernacle en bois* : il a perdu ses couleurs d’origine, a été décapé et vernis ; ses cinq pans sont sculptés (de gauche à droite : saint Jean, saint Pierre, un ciboire, saint Paul, un saint martyr : saint Jacques ?) ; il repose sur trois volutes en crédence sur le mur de l’abside.

Tabernacle

C’est sur la nef centrale que se sont concentrés les travaux d’embellissement de l’église voulus par l’abbé Damase Oger (1877-1901). Le chevet plat fut abattu, remplacé par un nouveau chevet à trois pans, percée de trois baies, recouvert
d’une voute en pierre et décoré de fresques représentant les quatre évangélistes : saints Mathieu, Jean, Luc, et Marc (remises à jour et restaurées par Annick Dieu en 2017) ; deux sacristies latérales furent construites. L’ensemble des vitres de l’église
ayant été endommagé par les tirs de canon de l’armée prussienne (combats du 21 novembre 1870), des vitraux (financés par l’abbé et des paroissiens) furent commandés pour toutes les verrières au maîtres Eugène Hucher et son fils (actifs de
1853 à 1906) sous la supervision du Carmel du Mans.

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Dsc01590 bis

A partir de 1899, une voûte en plâtre est posée sur l’ensemble de la charpente intérieure sur de petites colonnes décorées de chapiteaux et de culs de lampe. A la suite du Concile Vatican II, un nouvel aménagement intérieur fait disparaître en 1969 nombre d’ornements et le maître-autel (où subsistaient quatre colonnes de pierre et deux anges en prière du retable
du XVIIe siècle). Un Christ en croix polychrome* (XVIIIe) a été par la suite suspendu à la clef de voûte.

(* protégé au titre des Monuments historiques)
Les mentions en gras correspondent aux photos.

Christ en croix

 

Date de dernière mise à jour : 30/01/2023