La sorcière de la Dourdannerie
Une femme au destin trouble a autrefois vécu dans ce manoir. Rosalie Gibory, seconde épouse de Pierre Legoult, propriétaire du domaine de la Dourdannerie, était connue sous le surnom de « la sorcière de la Dourdannerie ». Bien qu’elle ait été aperçue enceinte à plusieurs reprises, elle n’a donné naissance qu’à une seule fille.
Dix ans avant son mariage, elle a comparu devant la justice d’Eure-et-Loir après la découverte du corps d’un nourrisson noyé dans un vivier, peu après son accouchement. Selon les médecins, l’enfant n’aurait de toute façon pas survécu, et elle a été acquittée.
Rosalie Gibory était réputée pour pratiquer des avortements clandestins. Des rumeurs circulaient selon lesquelles elle aurait utilisé les fœtus pour fabriquer une mystérieuse poudre. Un jour, l’une de ses patientes, Madelaine Chauveau, a accouché plus tôt que prévu. L’enfant étant né vivant, Rosalie s’en est débarrassée. Jugée et condamnée, elle a été exécutée par guillotine à Mortagne le 22 mars 1823.
Michel Ganivet a exhumé cette histoire et lui a consacré un article, « La sorcière de la Dourdannerie » dans les Cahiers Percherons
* Philippe Seydoux, historien de l'art français, a d'abord suivi une carrière dans la banque avant de se consacrer pleinement à sa passion pour l'art et l'architecture. Après des études en histoire de l'art jusqu'au doctorat, il publie en 1974 son premier ouvrage sur le château de Rambures. Auteur de plus de 35 livres, il est un spécialiste reconnu du patrimoine architectural.